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Des récades royales
Un chef symbolise son pouvoir par des objets,
les regalia, qui l’environnent. Parmi ces signes de son pouvoir, il tient à la
main ou sur l’épaule une hachette ou une crosse décorée, nommée récade.
Lorsque le roi confie ce bâton à un messager, sa présence lui confère une
autorité considérable, équivalente à celle du roi lui-même. La récade a valeur
de sauf-conduit pour celui qui la porte : le récadère.
- La récade dieu de
la Foudre Hèbiosso.
Ce dieu régit les phénomènes d'origine
céleste, atmosphérique, et sa justice s'exerce par la foudre qui frappe les
traîtres, les parjures, les meurtriers. La récade qui le symbolise varie selon
l’âge et le grade du prêtre. Celle-ci, portant comme motif décoratif un zigzag
en cuivre symbolisant l’éclair, se porte exclusivement par les chefs de culte
de chaque clan. Milliès-lacroix les a rencontré comme l’atteste l’une des
photos prises lors du voyage.
- La récade du roi Glélé, 10e roi du Dahomey (1858-1889). Glélé avait
adopté le lion comme symbole de son règne. Tout au long de son règne, il
poursuivit une politique d'expéditions militaires. Il se battit
victorieusement contre les Yoruba mais se heurta aux Britanniques qui
voulaient supprimer la traite négrière. Glélé fut le dernier roi indépendant
du Dahomey. Il mourut le 29 décembre 1889 et fut remplacé par son fils Kondo
qui prit le nom de Béhanzin.
- La récade du roi Béhanzin, 11e roi du
Dahomey (1889-1894).
L’exposition présente déjà une récade est
dédiée à ce roi. Ici l’emblème de la récade est le requin. Béhanzin se compare
au requin qui rend le passage de la barre dangereux, pour signaler qu’il est
résolu à opposer à ses ennemis une résistance farouche. Le Roi Béhanzin
combattit les troupes françaises à plusieurs reprises entre 1890 et 1892 avec
son corps d'élite d'amazones. A la fin du XIXè siècle, le Dahomey est l'un des
principaux enjeux des politiques coloniales dans le golfe de Guinée. Il occupe
une situation stratégique. C'est un important état organisé. Il offre des
perspectives d'exploitation économique. Un désaccord sur les termes de
l'occupation française de la ville de Cotonou cause le premier conflit. En
1890, Béhanzin attaque les Français à Cotonou. Après deux années de conflit,
le 3 décembre 1892, la déchéance du roi Béhanzin est proclamée et le royaume
est placé sous le protectorat français.
Armes de guerre et armes de cérémonie
- Un sabre
cérémoniel.
Ce sabre présente un travail extrêmement
soigné de la lame avec des motifs ajourés en cercles et en triangle. Il s’agit
d’une arme d’apparat utilisée lors des cérémonies officielles. Associé au dieu
Gu, dieu du tonnerre et de la guerre, ce type de sabre était brandi par le roi.
- Des couteaux et fourreaux.
La guerre représente une activité importante
dans ces sociétés comme le montre l’abondance et la variété des armes. Les
forgerons sont une catégorie d’artisans qui jouit d’une grande considération
dans la société. Ils fabriquent les armes pour les chasseurs et les guerriers.
Ils sont ainsi reliés au pouvoir et à la mort.
Statuettes d'apparat
- La collection du musée de Borda détient
deux cannes portant des personnages et des animaux symboliques dont le serpent
cosmique créateur du monde réalisées par la population Agni de Côte d'Ivoire.
Monsieur Malet confie deux nouvelles statuettes très proches des personnages
figurant sur les cannes. L’homme comme la femme se tiennent les mains sur le
ventre de part et d’autre du nombril.
La scénographie de l’exposition permet d’intégrer ces nouveaux objets
dans la section consacrée au voyage. Présentés dans cinq caisses en bois, sur
fond de paille, ils évoquent leur arrivée à Dax après le transport en bateau.
Certains objets font échos aux photos du voyage présentées, comme ces
prêtres vaudous brandissant leur récade du dieu de la Foudre.
Cette exposition est réalisée dans le cadre de la préfiguration du futur
musée. Tout au long de l’année, les partenariats permettent d’enrichir les
collections en les documentant par les recherches scientifiques qui se
poursuivent, en les faisant vivre par les animations, en les partageant avec
le plus grand nombre par le travail avec les écoles, les collèges et les
lycées, avec les acteurs sociaux, avec les professionnels du tourisme, de la
culture…
L ‘arrivée de ces objets, sortis de l’ombre, prouve la nécessité du
dialogue et du travail entrepris sur le long terme dans la cadre de la
préparation de ce nouveau musée. En commençant à travailler sur cette
exposition, nous imaginions disposer d’une collection finie. Elle s’avère
beaucoup plus importante puisque les descendants possèdent un tiers de la
collection initiale. Ces objets, exposés ensemble pour la première fois,
permettent de mieux comprendre l’importance extraordinaire de cette
collection, témoin d’une région de l’Afrique de l’Ouest il y a tout juste 100
ans.
Cliquer sur les photos pour agrandir
(crédit photo : Serge
Lafourcade)
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